Salaires: augmentations en berne!
Les salaires belges ont nettement moins augmenté l’année passée, montre l’étude salariale annuelle réalisée par Hudson sur 110.063 employés dans 846 entreprises. En moyenne, le salaire de base de l’employé jusqu’au cadre supérieur a augmenté de 0,9% entre février 2009 et février 2010. Au niveau de Total Cash (le salaire de base plus le salaire variable), l'augmentation est de 1,3%. La crise et l'indexation négative n'y sont évidemment pas pour rien.
L'augmentation enregistrée cette année est nettement moins forte comparée aux années précédentes. L'an passé, on parlait d’une augmentation de 6,1%. "Pour une baisse d’une telle ampleur, il faut se reporter à la période 2002-2003, indique Brecht Decroos, Associate Director Talent Management chez Hudson. A cette époque, les augmentations salariales retombaient de 6,5% à 3%. Une grande partie de la baisse est due à l’indexation infime ou même négative de l’année passée, résultant en moyenne en 0,2%. En revanche, abstraction faite de cette indexation, une augmentation salariale moyenne de 0,7% reste notable. L’année dernière, on avait affaire à une augmentation salariale de 1,5% outre l’indexation de 4,4% en moyenne. Etant donné la crise économique et les signaux du marché, nous nous attendions à une augmentation nettement moins forte en-dessus de l’indexation." Evidemment, l’impact de l’indexation, négative dans quelques comités paritaires, ne peut être sous-estimé. Ceci a résulté en une baisse salariale "de facto" pour 13,2 pour cent de tous les employés cette année-ci.
Il est frappant que les plus fortes augmentations salariales ont été attribuées aux personnes entre vingt et trente ans. "Ce n’est pas qu’on rémunère sur base de l’âge, mais l’évolution salariale en début de carrière est toujours plus forte, vu que les débutants reçoivent souvent un salaire moins élevé. Certaines entreprises appliquent même une budgétisation séparée pour les débutants", dit-il. En considérant toutes les catégories d’âge, l’augmentation salariale de 1,3 pour cent (fixe + variable) ne semble pas spectaculaire, mais si l'on additionne toutes les augmentations salariales des neuf années passées, on obtient une image très différente. Supposons que vous n’ayez pas changé de fonction ou d’employeur pendant toute cette période, votre salaire aurait dû augmenter de 44,5 pour cent en moyenne. De ce nombre, 21,6 pour cent est dû à l’indexation et à la compensation des biens et services devenant plus chers. Nous avons obtenu les 22,9 pour cent qui restent "gratuitement". En réalité, l’augmentation salariale sera même plus considérable. “La possibilité que vous changiez de travail ou que vous obteniez une promotion dans une période de neuf ans est assez grande, estime Brecht Decroos. Changer d’employeur entraîne généralement une augmentation salariale de 6 à 10 pour cent. En cas de promotion, l’augmentation est de 6%."
La confirmation d’une rechute d’un nombre de secteurs, qui se portaient normalement bien, est une autre observation manifeste. Surtout le secteur financier est clairement affecté. Il y a deux ans, l’augmentation salariale était de 3,7 pour cent (Total Cash, en-dessus de l’indexation), tandis que l’année dernière elle ne montait qu’à 1 pour cent, et cette année-ci à seulement 0,5%. Le secteur chimique/pharmaceutique n’a connu qu’une légère rechute de 1,6 à 1,3 pour cent en matière d’augmentation, surtout grâce à l’augmentation du salaire de base de 1,4 pour cent en moyenne. Finalement, on constate que la différence salariale entre les employés exécutifs et les cadres n’a pas augmenté cette année-ci. Tandis que les employés ont reçu une augmentation salariale moyenne de 1,3 pour cent au niveau de Total Cash – le même résultat que l’année dernière –, on observe une augmentation moyenne de seulement 0,7 pour cent, 2,4 pour cent l’année passée, pour le senior management.
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