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La durabilité: un caprice de mode?

La durabilité ne semble pas faire partie des priorités de la plupart des entreprises belges: 57% seraient même convaincues qu’il s’agit d’une mode éphémère. C’est ce qui ressort d’une enquête réalisée par Indigov à la demande de SAP auprès de 648 entreprises belges. Selon l'éditeur de logiciels, la durabilité doit toutefois faire partie intégrante d’une stratégie d’entreprise à long terme.

Près de trois quarts des sociétés sondées estiment en outre que la durabilité se limite à une « prise de conscience écologique » et négligent ainsi d’autres aspects déterminants de la politique de durabilité.

Selon SAP, la durabilité doit toutefois faire partie intégrante d’une stratégie d’entreprise à long terme. L’entreprise déplore également que la durabilité n’est visiblement pas un des thèmes-phares de l’actuelle campagne électorale. À la lumière de la situation économique pour le moins difficile que nous connaissons, il est grand temps que les entrepreneurs belges élaborent une politique en matière de durabilité afin de pouvoir en récolter les fruits ces prochaines années.

"Les entreprises doivent aller au-delà des seuls aspects 'écologiques' ou 'philanthropiques' pour découvrir les effets concrets et tangibles de la durabilité, indique Peter Graf, Chief Sustainability Officer chez SAP. En effet, une politique de durabilité embrasse des défis à la fois économiques, sociaux et écologiques. Ce faisant, les entreprises peuvent réduire leurs coûts et leurs risques, tout en se distinguant de la concurrence."

Motivées par les réductions des coûts

L’enquête montre que seule une minorité des entreprises belges reconnaît que la durabilité est une de ses priorités. En effet,  ce thème n’est à l’ordre du jour du conseil de direction que dans 27% des entreprises. En revanche, les entreprises de 500 travailleurs ou plus s’y intéressent davantage, puisque ce sujet y est abordé en conseil de direction en moyenne dans la moitié des cas. Seulement 18% des entreprises belges ont une personne en interne qui élabore une politique en matière de durabilité (ce pourcentage est multiplié par deux au sein des entreprises de plus de 500 collaborateurs).

Les éventuelles réductions de coûts constituent la principale motivation des entreprises pour introduire une politique durable comme le confirment 61% des entreprises où une telle politique existe déjà. La deuxième raison principale, selon une entreprise sur cinq, touche à l’image de marque de l’entreprise. Enfin, cinq pour cent des répondants indiquent que les obligations imposées par les autorités sont suffisantes pour introduire une politique de durabilité.

Économies de papier et d’énergie

En termes concrets, quelles initiatives les entreprises belges prennent-elles dans le cadre de leur politique de durabilité? Près de trois quarts des entreprises consentent des efforts pour réduire leur consommation de papier. L’achat d’électricité verte (37%) et de véhicules respectueux de l’environnement (33%) se classent deuxième et troisième.  Environ un quart des entreprises investit dans des technologies avec un rendement à plus long terme  comme les panneaux solaires.

L’utilisation rationnelle de l’énergie et les efficacités énergétiques sont au nombre des premières priorités de 72% des entreprises participantes. Ce n’est pas étonnant, car ces mesures exercent non seulement une influence positive sur l’environnement, mais également sur le budget de l’entreprise. On investit surtout dans un éclairage économique en énergie: 81% des entreprises belges ont déjà installé des lampes économiques ou des interrupteurs intelligents. Septante-trois pour cent d’entre elles ont également réduit la consommation de veille en prévoyant la mise hors tension automatique, entre autres, des écrans d’ordinateur. Des investissements plus onéreux, comme les compteurs bihoraires ou un chauffage basse énergie se classent tout de même en ordre utile, avec un taux d’adoption respectif de 60 et 44%. Les technologies informatiques vertes et les compteurs intelligents ferment la marche avec nettement moins de suffrages, puisqu’ils ne dépassent pas la barre des vingt pour cent.

Des efforts non mesurés…

L’enquête nous apprend que pas moins de 68 pour cent des entrepris qui investissent dans des mesures d’efficacité énergétique négligent d’en mesurer le rendement. Pourtant, tout investissement ne s’avère vraiment utile que pour autant qu’on en mesure le rendement. Seules les mesures permettent de prévoir les adaptations ou les améliorations nécessaires.

Seulement 7% des entreprises belges mesurent leurs émissions de CO2. Contrairement aux attentes générales, moins d’un tiers des moyennes et grandes entreprises mesurent leurs émissions de carbone. On peut toutefois épingler un point positif: les entreprises qui mesurent leurs émissions exploitent les résultats. En effet, près de 80 pour cent d’entre elles utilisent les mesures pour optimiser leurs processus internes.

Tags: Stratégie, Durabilité, SAP, Ecologie, Coûts, Risques

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