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Usage d'internet: problématique?

Les travailleurs belges passent pas mal de temps sur internet, et pas uniquement à des fins professionnelles. C'est ce qu'indique une étude récente de Tempo-Team. Pour 10% des employeurs, l'utilisation privée d'internet au travail se révèlerait problématique. Une entreprise sur trois dit contrôler l'utilisation d'internet de ses travailleurs.

Près de 40% des personnes interrogées déclarent qu’elles surfent régulièrement sur internet à des fins privées pendant les heures de travail. L’utilisation d’internet pendant les heures de bureau a essentiellement lieu pour des raisons professionnelles (56%), mais également pour des activités qui n’ont rien à voir avec le travail. L’administration (49%), l’internet banking (25%) et les médias sociaux (21%) arrivent en tête, suivis par les loisirs (19%). L’étude fait apparaître par ailleurs qu'un travailleur sur trois n’a toujours pas accès à l’internet à son travail.

Compte tenu du succès actuel des médias sociaux tels que Facebook et LinkedIn, il n’est pas étonnant que de nombreux employeurs fassent preuve d’une méfiance accrue face à l'utilisation privée d'internet. Une personne interrogée sur dix confirme même que l’utilisation d’internet à des fins privées pendant les heures de travail peut prendre des formes problématiques dans son entreprise. C’est pourquoi de nombreuses entreprises définissent des accords et des règles sur l’utilisation d’internet (62%), en limitent (33%) ou en contrôlent (31%) même l’utilisation pendant les heures de travail.

Toutefois, la réglementation et le contrôle de l’utilisation d’internet par l'employeur ne sont pas une sinécure. Stefan Nerinckx, avocat associé chez Laga et professeur de droit du travail à la Hogeschool Universiteit Brussel, met en garde contre la diversité des législations, qui doivent être considérée de manière globale si l’on veut parvenir à un contrôle acceptable de l’utilisation d’internet et des e-mails sur le lieu de travail. En effet, la législation est variée et peut même parfois être contradictoire. En outre, la mise en place de tels contrôles est soumise à des conditions et passe par une concertation et une approbation. L’employeur doit en être bien conscient et anticiper en connaissance de cause. L’évolution constante de la jurisprudence dans cette matière ne facilite certainement pas les choses.

L’accès à internet a également un revers positif, car de nombreux travailleurs sont également actifs professionnellement à la maison grâce à la toile. 42% des travailleurs confirment que l’accès aux e-mails et à internet favorise le travail à domicile. Il ressort également de l’étude que près de la moitié des travailleurs utilisent effectivement internet à la maison à des fins professionnelles (45%). Cela renforce la flexibilité des travailleurs et améliore leur disponibilité pour les employeurs. "Cela peut également avoir des conséquences sur le plan juridique. Le législateur a créé des statuts particuliers en matière de télétravail et de travail à domicile. Il convient ici également d’anticiper", poursuit Stefan Nerinckx.

Bon sens

L'enchevêtrement de réglementations, de risques et d’incertitudes ne doit toutefois pas empêcher l’employeur de donner une liberté suffisante à ses travailleurs afin de leur permettre d'utiliser pleinement internet tant de manière privée que professionnelle. "La pratique montre toutefois qu’il est impossible de bannir complètement l’utilisation privée d’internet, mais qu’il est également impensable que l’employeur ne la limite ou ne l’encadre pas. Une bonne dose de bon sens doit permettre d'éviter de nombreux problèmes. Par exemple en supprimant l’accès à certains médias sociaux au travail, en prenant immédiatement le problème à bras-le-corps par une bonne discussion ou une évaluation, en encourageant un contrôle social entre collègues et en disposant d’une politique réfléchie et équilibrée, intégrée dans le règlement du travail", conclut Didier Christiaens, HR Director Tempo-Team.

 

La politique en matière d’internet en 10 étapes

1. définissez quels moyens de communication votre entreprise met à disposition
2. donnez des renseignements suffisants sur la politique de contrôle et les prérogatives
3. diffusez des informations suffisantes sur les objectifs du contrôle et des informations pratiques sur la conservation ou non des données personnelles, le lieu et la durée de celle-ci
4. organisez une concertation avec votre conseil d’entreprise, la délégation syndicale ou les travailleurs
5. adoptez un règlement internet
6. faites signer le règlement internet pour accord par le travailleur
7. intégrez le règlement internet dans le règlement du travail
8. faites une déclaration à la commission sur la vie privée
9. organisez une évaluation régulière du système de contrôle
10. prévoyez les mises à jour nécessaires en cas de modification de la loi ou de la réglementation et anticipez ou tenez compte des nouvelles applications et technologies

Source: Stefan Nerinckx, avocat associé Laga et professeur de droit du travail à la Hogeschool Universiteit Brussel

Tags: Tempo-Team, Internet, Contrôle

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