Les PME veulent garder les 50+
Près de 83% des patrons des PME belges sont prêts à garder les travailleurs jusqu’à 65 ans, indique un sondage commandité par SD Worx et mené auprès de 721 PME belges. Mais plus de la moitié des partisans posent des conditions à l’emploi de ces travailleurs: ils doivent rester en bonne santé et motivés, et pouvoir suivre le rythme de travail.
Dans ce cas, leur expérience, leur attitude au travail et leur mentalité apportent à l'entreprise une valeur ajoutée significative. Parmi ceux qui ne sont pas partisans de l’emploi jusqu’à 65 ans (soit près de 20%), les principaux motifs sont la forte pression de travail, le manque de motivation et le manque d’efficacité. Le coût salarial est un souci bien moins important. Ce sont surtout les jeunes chefs d’entreprise (< 35 ans) qui voient le coût salarial comme un obstacle.
Mais les employeurs des PME pensent que seuls 22% des hommes souhaitent travailler sans conditions jusqu’à 65 ans. En cas d’adaptation de la durée, du rythme et/ou du contenu du travail, ce pourcentage augmente considérablement. Au sujet des travailleuses, les PME pensent qu'à peine 7% d’entre elles souhaitent travailler sans conditions jusqu’à 65 ans.
Les PME veulent conserver les travailleurs jusqu’à 65 ans
La grande majorité des PME belges (83%) sont prêtes à conserver jusqu’à 65 ans les travailleurs âgés aujourd’hui de 50 ans ou plus. Un peu plus de la moitié des partisans pose certaines conditions, comme une bonne santé, la motivation et le fait de pouvoir suivre le rythme de travail. Les PME flamandes posent davantage de conditions que leurs homologues en Wallonie et à Bruxelles.
Expérience et attitude au travail: des facteurs appréciés
Près de 94% des personnes interrogées citent ‘l’expérience’ comme atout des travailleurs âgés. Près de 6 sur 10 apprécient leur attitude au travail et leur mentalité. Pour 4 sur 10, il est important que les travailleurs âgés changent moins vite de travail.
Ils ne savent pas faire face à la pression de travail
Près d’une PME sur cinq (et ce n'est pas peu) ne souhaite pas conserver les travailleurs jusqu’à 65 ans. Comme principaux motifs, ces PME indiquent que les travailleurs âgés:
· ne savent plus faire face à la pression de travail (52% des ‘opposants’)
· sont moins motivés (39%)
· sont moins efficaces (36%)
· ont souvent des problèmes de santé (32%)
Il est à souligner que le coût salarial n’arrive qu’en sixième position. Les PME de 10 à 19 travailleurs présentent des scores nettement plus élevés. Dans ces entreprises généralement très dynamiques, la ‘pression de travail’ (73%) et le ‘manque de motivation’ (62%) sont largement au-dessus de la moyenne belge comme motifs pour ne pas garder les travailleurs jusqu'à la pension. Dans ce groupe, l’acteur ‘efficacité’ pose moins de problèmes que les exigences de flexibilité (53%), les problèmes de santé (52%) et le coût salarial (32%).
Les travailleurs eux-mêmes souhaitent-ils travailler jusqu’à la pension ?
Enfin, SD Worx a demandé aux employeurs des PME si les travailleurs âgés de 50 ans ou plus souhaitent eux-mêmes travailler jusqu’à 65 ans. Les répondants ont établi une nette différence entre les hommes et les femmes. Une PME sur cinq (22%) pense que les hommes sont assurément prêts à travailler jusqu’à 65 ans. Et 47% pensent qu’ils y seraient prêts moyennant une adaptation de la durée du travail, du rythme et/ou du contenu du travail.
Un tiers des PME pensent que les travailleurs masculins ne veulent pas travailler jusqu’à 65 ans et vont donc prendre leur retraite avant cet âge. Une PME sur deux (53%) pense cependant que les travailleuses vont prendre une retraite anticipée. Seuls 7% des répondants pensent que les femmes vont travailler jusqu’à 65 ans.
Une autre enquête de SD Worx menée auprès de 3000 travailleurs montre effectivement qu'une majorité écrasante de travailleurs souhaitent prendre leur retraite avant 65 ans. Ainsi, 46% des femmes voudraient arrêter entre 55 et 59 ans. Chez les hommes, ce chiffre n’est que de 44%. En outre, seul un tiers (34%) des femmes et 38% des hommes souhaitent arrêter entre 60 et 64 ans. Mentalement, les travailleurs n’ont donc certainement pas encore franchi le pas de travailler jusqu’à 65 ans.
Les jeunes patrons montrent le plus de scepticisme
Il faut souligner que ce sont surtout les jeunes chefs des PME qui sont critiques par rapport aux travailleurs âgés. Dans toute l’enquête, leurs réponses s’écartent le plus souvent de la moyenne. Ainsi, 57% des employeurs des PME de moins de 35 ans posent des conditions pour les travailleurs souhaitant rester actifs jusqu’à 65 ans: dans ce groupe de répondants, 94% estiment comme élément nécessaire une bonne santé, 86% la motivation et 78% la capacité à suivre le rythme de travail. Alors qu’en moyenne 59% des partisans citent l’attitude au travail et la mentalité comme des qualités positives des travailleurs âgés, cette proportion n’est que de 44% chez les jeunes patrons. En revanche, ils estiment plus important que les travailleurs âgés ‘changent moins vite de travail’. Les motifs pour lesquels ils ne sont pas partisans de l’emploi des travailleurs âgés jusqu’à 65 ans s'écartent aussi très fort de la moyenne: 42% trouvent les travailleurs âgés trop chers (25% en moyenne) et 26% estiment que les travailleurs âgés ne doivent pas travailler jusqu’à la retraite, parce qu’ils veulent des adaptations de la durée, du rythme ou du contenu du travail.


