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L'indexation négative a été inégalement appliquée

L’année 2010 s’annonçait avec une inflation négative. Pour un certain nombre de secteurs importants qui indexent une fois par an les salaires de leurs collaborateurs, cela allait avoir pour conséquence de voir ceux-ci diminuer au 1er janvier 2010. D'après Acerta, 4% seulement des employeurs n’ont pas appliqué l’indexation salariale négative et 11% des travailleurs ont ainsi pu échapper à une baisse de salaire. SD Worx relève pour sa part que la plupart des PME wallonnes ont appliqué l'indexation négative.

Et cela a bien été le cas pour les 300.000 employés dépendant de la Commission Paritaire Auxiliaire pour Employés (CP 218.00), pour l’industrie alimentaire, l’horeca, l’agriculture, l’horticulture et le secteur des électriciens. Pour la Commission Paritaire Auxiliaire des Employés, cette inflation négative devait entraîner une diminution des salaires de 0,43%.

"Les organisations patronales n’ont pas hésité à appliquer l’indexation négative des salaires, observe Acerta. Ne pas le faire équivaudrait en effet à octroyer une augmentation de salaire, avec pour conséquence une dégradation de la compétitivité de l’entreprise. De plus, il avait été convenu, lors de la concertation interprofessionnelle de la fin 2008, qu’une augmentation salariale limitée pourrait être accordée aux travailleurs - même en ces temps de crise – sous la forme ou non d’éco-chèques. De leur côté, les syndicats ne pouvaient que se résigner à l’application de l’indexation négative : adopter une autre attitude aurait signifié de leur part une remise en question du système d’indexation automatique des salaires."

Acerta Secrétariat Social a analysé la mise en œuvre de l’indexation négative par les clients d’Acerta Secrétariat Social. Il ressort de cette étude que seuls 4% des employeurs, touchés pourtant par la mesure, ont décidé de ne pas l’appliquer. Il apparaît dès lors qu’environ 11% des travailleurs concernés ont ainsi échappé à l’adaptation négative de leurs salaires. Les grandes entreprises ont proportionnellement davantage opté pour la non-application de l’indexation négative que les plus petites structures: 18% pour les entreprises occupant plus de 200 travailleurs, 21% pour les entreprises de 50 à 200 travailleurs et seulement 3% pour les entreprises de 0 à 50 travailleurs.

En ce qui concerne les différences entre secteurs, les chiffres montrent que la non-application de l’indexation négative a surtout été décidée dans les entreprises occupant des employés. Globalement, 16% des employés n’ont pas subi la mesure, contre seulement 5% des ouvriers. Ce sont les employeurs dépendant de la CP 218.00 qui se sont montrés les plus généreux vis-à-vis de leurs employés: 7% des employeurs de ce secteur n’ont pas appliqué d’indexation négative (ce qui signifie qu’environ 19% des employés de ce secteur continueront à gagner le même salaire en 2010). Cela peut s’expliquer par le fait que ces entreprises sont généralement des prestataires de services (internes ou externes) pour lesquels le capital humain représente le facteur de production le plus important. Il ressort très clairement des données collectées par Acerta qu’il n’existe pas, au sein d’une même entreprise, de discrimination entre ouvriers et employés dans le cas où l’employeur décide de ne pas appliquer l’indexation négative. Face à cette dernière, les entreprises ont adopté un comportement parfaitement neutre.

La plupart des PME wallonnes ont appliqué l’indexation négative
Plus de 88% des PME wallonnes de la CP 218 ont diminué le salaire de leur personnel en janvier; pour les PME bruxelloises, le pourcentage est de 78%, relève pour sa part SD Worx. Les entreprises flamandes se situent entre les deux: 80% d’entre elles ont appliqué l’indexation négative des salaires. Ces résultats proviennent des calculs de salaires effectués par SD Worx.

"Une tentative d’explication sur la grosse différence entre le Nord et le Sud du pays peut être trouvée dans le fait que les PME wallonnes ont moins de marge financière que leurs homologues flamandes et bruxelloises, indique SD Worx. La diminution de salaires en janvier a été accueillie favorablement par les PME wallonnes et contre-balance quelque peu la forte indexation (4,51%) subie en 2009 et l’augmentation de salaire octroyée, en plus de l’index, sous la forme d’éco-chèques."

SD Worx a également constaté que ce sont les plus grandes PME qui ont le plus appliqué l’indexation négative. Les plus petites entreprises ont estimé que le faible pourcentage (0,43%) de réduction de salaire à appliquer n’était pas en proportion du malaise social que la diminution aurait pu engendrer au sein de la PME. Enfin, "certaines entreprises ont appliqué l’indexation négative mais en utilisant le surplus budgétaire pour octroyer un bonus aux meilleurs travailleurs de la PME."

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