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Les plus de 50 ans mal perçus par les collègues et les employeurs

Un employeur sur deux ne verrait aucun avenir pour les plus de 50 ans et à peine un collègue plus jeune sur deux apprécierait leur travail. Ce constat choquant ressort d'une étude menée pour Tempo-Team auprès d’un échantillon représentatif de 200 employeurs et de 500 travailleurs. Dans le contexte du vieillissement des populations et avec un nombre croissant de travailleurs de plus de 50 ans dans les entreprises, elle montre à quel point les entreprises et les travailleurs sont insuffisamment préparés aux effets du "choc démographique".

Les plus de 50 ans ont peu d’avenir sur le marché de l’emploi parce que leurs capacités ne jouissent pas d’une bonne appréciation, pointe Tempo-Team. Moins de la moitié des employeurs (42%) considèrent que la sécurité de l’emploi des plus de 50 ans évoluera positivement dans le futur. En dépit du vieillissement, à peine 8% des employeurs accordent la priorité à des plus de 50 ans et ces derniers ont 5 fois moins de chances d’être embauchés que des collègues plus jeunes. 60% des employeurs ne voient aucun rôle actif pour les plus de 50 ans au sein de leur entreprise. Les employés masculins de plus de 50 ans ont plus de chances de trouver un emploi que les ouvrières de plus de 50 ans. Les plus de 50 ans eux-mêmes estiment que leurs perspectives en matière de sécurité d’emploi ne sont guère élevées, avec un score d’attentes de 7 sur 10. Score est encore moindre chez les employeurs, puisqu’il se situe à 6,6/10.

Interrogés sur les principaux atouts des plus de 50 ans, les employeurs conviennent qu’ils sont loyaux (83%), qu’ils connaissent bien leur fonction (83%) et qu’ils fournissent un travail de qualité (83%). La satisfaction est toutefois bien moins grande en ce qui concerne leur dynamisme et leur ouverture d’esprit. Ainsi, seuls 32% des employeurs interrogés sont satisfaits de la créativité des plus de 50 ans et 38% de leur résistance au stress et de leur flexibilité. Un employeur recrute un travailleur de plus de 50 ans surtout en raison de sa connaissance du métier (70%) et de l’entreprise (61%), combinée à sa fiabilité (69%) et à sa loyauté (62%). A l’inverse, sa faible capacité d’adaptation (73%), son manque de flexibilité (70%) et sa faible disponibilité (69%) jouent en sa défaveur.

Les entreprises recrutent des plus de 50 ans en premier lieu pour des projets qui nécessitent un savoir-faire particulier (73%), en attendant de trouver un candidat plus jeune pour des emplois plus difficiles à pourvoir (58%), pour des formations spécifiques à l’entreprise ou en tant que mentor de nouvelles recrues (56%) et enfin comme travailleurs temporaires en période de pointe ou de pénurie (54%).

Les pouvoirs publics manquent à leur devoir
Le pacte des générations, qui devait maintenir les travailleurs plus âgés plus longtemps en activité, a surtout eu pour effet de rendre moins attrayant le régime des prépensions. A peine 15% des employeurs interrogés ont fait appel à la prépension l’année dernière et 50% considèrent que cette formule ne progressera pas dans le futur. La politique menée pour accroître le taux d’activation des plus de 50 ans présente manifestement des lacunes. Ce qui explique que 1 employeur sur 3 seulement se dit satisfait des mesures prises par les pouvoirs publics à ce jour. La première demande des employeurs porte sur une réduction structurelle des charges salariales afin de pouvoir recruter plus de travailleurs de plus de 50 ans (69%), suivie par des interventions financières pour la formation et l’encadrement (65%) et des moyens supplémentaires en termes d’outplacement (53%).

Les mesures coercitives telles que les quotas obligatoires ne sont pas une option pour les employeurs (14%). "Pour réaliser la norme de Lisbonne de 70% de taux d’emploi, la Belgique doit augmenter le taux actuel de près de 9% dans notre pays, déclare Philippe Melis, Manager Social Projects chez Tempo-Team. A cet effet, il faut absolument investir dans le taux d’activation des plus de 50 ans, aujourd’hui dramatiquement bas. Des mesures politiques fortes s’imposent donc de toute urgence. Certaines initiatives du secteur privé, comme Senior Careers chez Tempo-Team et notre collaboration avec Instant A+, qui se focalisent spécifiquement sur l’emploi des plus de 50 ans via nos filières, apparaissent insuffisantes sur le terrain sans un soutien important des autorités."

Grand scepticisme chez les collègues
Les résultats de l’étude ci-dessous sur les qualités des plus de 50 ans sur leur lieu de travail font apparaître une grande différence d’appréciation entre les plus de 50 ans et leurs collègues et employeurs. La perception des qualités des plus de 50 ans est systématiquement moins bonne chez les collègues et chez les employeurs que chez les plus de 50 ans eux-mêmes. Ceci souligne une nouvelle fois l’ampleur du fossé entre les plus de 50 ans et leurs collègues.

"Les plus de 50 ans sont manifestement confrontés à un grand problème de perception sur le lieu de travail, conclut-il. Il s’agit là d’une évolution inquiétante, d’autant que par le seul vieillissement, le marché de l’emploi aura de plus en plus besoin des plus de 50 ans. Malgré cela, les employeurs se montrent peu intéressés et les travailleurs plus jeunes ne perçoivent pas la valeur ajoutée de leurs collègues plus âgés. Ni les entreprises ni les autorités ne sont suffisamment préparées à la problématique du vieillissement et au sort des plus de 50 ans sur le marché du travail. Les efforts des entreprises, des pouvoirs publics, mais aussi des travailleurs eux-mêmes doivent être considérablement intensifiés. Il est grand temps de mettre en place une politique d’activation cohérente, axée sur la sensibilisation, la stimulation, la formation, la motivation et la réduction structurelle des charges salariales."
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