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Les évolutions de carrière classiques ont la cote

La récession a non seulement bouleversé la perception des salariés belges au sujet du travail et de la hiérarchie, mais a aussi fortement accéléré les modifications apportées au contrat social de base qui soutient l’emploi en Belgique. C’est l’un des constats qui ressort d’une étude réalisée par Towers Watson. D'après celle-ci, les salariés belges ont adopté une vision plus traditionnelle vis-à-vis de leurs plans de carrière.

L’étude Global Workforce Study 2010 de Towers Watson est une enquête mondiale sur les comportements des salariés et les tendances sur le lieu de travail de quelques 20.000 salariés issus de 22 pays, dont la Belgique. À l’opposé des précédentes études, l’enquête de 2010 révèle que les salariés ont sensiblement revu leurs ambitions de carrière à la baisse. La course à la promotion cède désormais la place à un besoin de sécurité et de stabilité professionnelle. Autre résultat de l’étude: si la plupart des salariés belges sont motivés par la réussite de leur entreprise, ils ne font toutefois pas entièrement confiance à leur direction et ne sont pas encore pleinement conscients de l’impact qu’exerce sur eux le ‘New Employment Deal’.

"Le ‘New Employment Deal’ individualise davantage les coûts, les risques et la responsabilité de la sécurité financière, du bien-être et du développement de carrière des salariés, explique David De Neve, Consultant chez Towers Watson. L’enquête démontre que la plupart des salariés comprennent ce changement sur le plan rationnel, mais ils ont l’impression de ne pas disposer des moyens pour y faire face." Environ 66% des salariés ont exprimé leur volonté de fournir plus d’efforts que la normale pour soutenir leur entreprise tandis que seuls 4% recherchent activement un autre emploi. Néanmoins, seulement 44% des salariés interrogés pensent que leur hiérarchie est digne de confiance et un salarié sur quatre (24%) estime que son entreprise n’a pas traité équitablement ses employés au cours des 12 derniers mois.

"Il n’est pas étonnant que les collaborateurs soient motivés pour traverser avec succès une période de turbulence économique aux côtés de leur employeur, mais peut-être nourrissent-ils des attentes trop élevées à l’égard de leur employeur et de leur direction. L’enquête met l’accent sur le fossé entre les attentes des salariés et ce que les employeurs pensent pouvoir raisonnablement leur offrir. Le ‘Deal’ qui existait autrefois entre les salariés et les employeurs est ‘en voie d’extinction’, en grande partie en raison de la récession."

Etonnamment, le contenu de l’accord négocié avec l’employeur prend désormais une tournure traditionnelle. En effet, les salariés recherchent avant tout la sécurité et souhaitent travailler pour un nombre restreint d’entreprises pendant leur carrière. Il se peut toutefois que cette attitude soit le résultat de la récession et qu’elle disparaisse avec le redressement l’économique. L’enquête met aussi le doigt sur une nouvelle tendance à plus long terme : les nouvelles définitions de l’avancement selon les salariés. Ils ne se limitent plus, semble-t-il, aux éléments traditionnels comme la promotion. Ainsi, 50% des salariés définissent l’avancement de carrière comme une acquisition de nouvelles compétences, tandis que seuls 20% l’assimilent à l’évolution d’un parcours de carrière bien défini.

Les salariés ont été interrogés sur les trois principaux obstacles à l’avancement de leur carrière au sein de leur entreprise ou organisation. Le top trois comprend: le manque de possibilité d’avancement dans leur fonction actuelle (46%), l’absence de souhait personnel d’évoluer (33%), la réduction du nombre d’échelons de la ligne hiérarchique, d’où la limitation des possibilités d’avancement (31%).

"Les salariés semblent attendre de leur hiérarchie qu’elle se concentre d’avantage sur l’aspect interne, alors que la plupart des chefs d’entreprise considèrent que leur fonction est avant tournée vers l’extérieur, ajoute David De Neve. Pour regagner la confiance de leurs salariés, les employeurs doivent ériger une organisation efficace et compétitive, avec une marque forte et une solide réputation, et défendre une culture permettant à leur personnel de contribuer pleinement à ce succès. Cette approche dépasse très largement la simple création d’un « lieu où il fait bon travailler."

Selon Towers Watson, les recettes d’avant-récession sont aujourd’hui devenues insuffisantes. Les entreprises et les organisations doivent affiner leur capacité à développer l’autonomie de leurs salariés, en leur procurant les connaissances et la confiance nécessaires pour gérer efficacement leur carrière et leur avenir financier loin du ‘filet de sécurité’ d’autrefois. La grande majorité des salariés sont conscients qu’ils tiennent les rênes de ce ‘New Deal’, mais il revient aux employeurs de les encourager à agir en leur procurant les outils et la formation nécessaires pour renforcer leur confiance et forger leur réussite.

Tags: Emploi, Crise, Carrière

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